La Treille

L'église de La Treille

"Mais après vingt minutes de marche, nous découvrîmes tout à coup un petit village, planté en haut d'une colline, entre deux vallons : le paysage était fermé, à droite et à gauche, par deux à-pics de roches, que les Provençaux appellent des "Barres".

- Voilà le village de La Treille, dit mon père.

Nous étions au pied d'une montée abrupte (...).

Par un suprême effort, nous atteignîmes le village, ou plutôt le hameau, dont les tuiles rougeâtres étaient d'une longueur antique. De très petites fenêtres perçaient les murs épais.

Il y avait à gauche une esplanade bordée de platanes et soutenue par un mur penché en arrière, qui avait bien dix mètres de haut. A droite, c'était la rue. Je dirais : la rue principale, s'il y en avait eu une autre. Mais on n'y rencontrait qu'une petite traverse, qui n'avait que dix mètres de long et qui avait encore trouvé le moyen de faire un crochet à deux angles droits, pour atteindre la place du village. Plus petite qu'une cour d'école, la placette était ombragée par un très vieux mûrier, au tronc creusé de profondes crevasses, et deux acacias : partis à la rencontre du soleil, ils essayaient de dépasser le clocher."

La fontaine de La Treille,

dite "fontaine de Manon".

"Au milieu de la place, la fontaine parlait toute seule. C'était une conque de pierre vive, accrochée comme une bobèche, autour d'une stèle carrée, d'où sortait le tuyau de cuivre."

(La Gloire de Mon Père).


"Qu'est-ce qu'il t'arrive ? dit Anglade.

- Il m'arrive que la fontaine n'est pas bien entrain : ça coule comme mon petit doigt !

Il courut vers Bérarde, et presque tous le suivirent. Depuis des années, le tube de cuivre coulait à plein goulot, mais ce débit venait de se réduire à moins de la moitié.

Dans un grand silence, les hommes échangeaient des regards inquiets.

"Il ne faudrait pas qu'elle nous fasse le coup d'Ugolin ! dit Anglade.

- C'est pas possible ! dit Philoxène. Elle ne s'est jamais arrêtée depuis cinquante ans !"

Mais sous leurs yeux, le filet d'eau s'amincissait de minute en minute. Manon regardait tous ces gens qu'elle ne connaissait pas, ceux qui avaient gardé le secret de la source, et qui voyaient mourir la leur. Elle n'osait pas encore y croire. Ses jambes tremblaient ; Magali la fit asseoir sur une chaise de la terrasse, tandis que tous se rapprochaient de la fontaine : dans le silence, elle entendait le bruit de l'eau qui tombait dans la cruche et tout à coup, un gargouillement étrange, puis le tuyau soupira longuement, et se tut."

(Manon des Sources).

Nom de rue en provençal.

"Je me souviens de l'époque où le provençal était encore très répandu. Mais il était défendu de le parler à l'école. Celui qui se laissait surprendre à prononcer un mot de "patois" se voyait infliger la garde de la clé de la classe. On se la repassait de fautif à fautif à chaque violation du règlement. Le malchanceux qui l'avait en poche au moment de la sortie, le soir, se voyait dans l'obligation de balayer la classe en guise de punition".

Déclaration de Marcel Pagnol lors d'une visite à La Treille, en 1972, citée par Georges Berni dans "Marcel Pagnol - Enfant d'Aubagne et de La Treille".

Un Inspecteur Général de l'Enseignement Primaire écrivait en 1888 : "Il n'est ni nécessaire ni même utile au maître qu'il connaisse la langue des enfants qu'il instruit. Au point de vue pédagogique, il vaudrait même mieux qu'il ne la sût pas."

Cité par Georges Berni, op.cit.

La tombe de Marcel Pagnol,

au cimetière de la Treille

Pagnol y est enterré avec sa fille Estelle

La tombe de la famille Pagnol,

au cimetière de la Treille

C'est là que reposent Paul, le frère de Marcel Pagnol,

Germaine Gombert née Pagnol ("la petite soeur"),

René Pagnol, le plus jeune frère de Marcel,

Martine Pagnol, épouse de René Pagnol,

Joseph Pagnol, le père de Marcel,

la seconde épouse de Joseph, Madeleine.

La tombe de la famille de David Magnan ("Lili des Bellons").

"En 1917 [en fait 1918], dans une forêt noire du Nord, une balle en plein front avait tranché sa jeune vie, et il était tombé sous la pluie, sur des touffes de plantes froides dont il ne savait pas les noms..."

(Le Château de Ma Mère).

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