Les collines

Paysage de garrigue

Un olivier

Chêne-kermès

"Le trot du chef indien fut alors ralenti par les rideaux de clématites et les enchevêtrements de térébinthes. Les petites feuilles du chêne-kermès, qui portent, sur leurs bords, quatre piquants symétriques, se glissaient dans mes espadrilles (...)."

(La Gloire de Mon Père).

Une bartavelle

(photo extraite de "La Provence de Pagnol", par J.-P. Clébert)

"- Alors, dit mon père, quel est donc le roi des gibiers ?

L'oncle se leva, les bras en croix, et dit :

- La bartavelle !

Pour prononcer ce mot, il avait élargi sa diction, tout en ouvrant des yeux émerveillés. Cependant, l'effet qu'il attendait ne se produisit pas, car mon père demanda :

- Qu'est-ce que c'est ?

L'oncle ne fut nullement décontenancé.

- Vous voyez ! s'écria-t-il d'un ton satisfait, ce gibier est si rare que Joseph, lui-même, n'en a jamais entendu parler ! Eh bien, la bartavelle, c'est la perdrix royale, et plus royale que perdrix, car elle est énorme et rutilante. En réalité, c'est presque un coq de bruyère. Elle vit sur les hauteurs dans les vallons rocheux - mais elle est aussi méfiante qu'un renard : la compagnie a toujours deux sentinelles, et il est très difficile de l'approcher."


"- D'où vient ce nom ? demanda mon père.

- Eh bien, dit le prêtre, je vais vous paraître bien savant, mais je dois vous avouer que mon érudition est de fraîche date. Un paysan m'ayant parlé hier de bartavelles, j'ai eu la curiosité de chercher l'étymologie du mot. Et j'en suis heureux, puisque cette question vous intéresse. Mon dictionnaire dit que c'est un mot français dérivé d'un vieux mot provençal, bartavélo, qui signifie une serrure grossière. L'oiseau serait ainsi nommé à cause de son cri, qui est, paraît-il, un peu grinçant."

(La Gloire de Mon Père).

Le hameau des Bellons depuis les collines

(la Bastide-Neuve est exactement au centre de la photo).

Le chemin des collines

Les "barres" (à-pics) de Saint-Esprit

"(...) Le paysage était fermé, à droite et à gauche, par deux à-pics de roches, que les Provençaux appellent des 'Barres'."


"Au-delà du vallon se dressait une colline allongée. Elle avait la forme d'un vaisseau de guerre à trois ponts, en retrait les uns sur les autres. Elle portait trois longues pinèdes, séparées par des à-pics de roches blanches.

- Çui-là, dit le paysan, c'est les barres de Saint-Esprit."

(La Gloire de Mon Père).

Tête-Rouge

"Le paysan nous montra les sommets qui soutenaient le ciel au fond du paysage.

A gauche, dans le soleil couchant, un gros piton blanc étincelait au bout d'un énorme cône rougeâtre.

- Çui-là, dit-il, c'est Tête-Rouge."

(La Gloire de Mon Père).


"(...) au sommet de la Tête-Rouge, il (Lili) me montra la Chantepierre.

C'était, juste au bord de la barre, une petite chandelle de roche, percée de trous et de canaux. Toute seule, dans le silence ensoleillé, elle chantait selon les vents.

Etendus sur le ventre dans la baouco et le thym, chacun d'un côté de la pierre, nous la serrions dans nos bras ; et l'oreille collée à la roche polie, nous écoutions, les yeux fermés".

(Le Château de Ma Mère).

Tête-Rouge et le vallon des Escaouprès

Tête-Ronde (à gauche) et le Taoumé (au fond, à droite)

"A sa droite brillait un pic bleuté, un peu plus haut que le premier. Il était fait de trois terrasses concentriques, qui s'élargissaient en descendant, comme les trois volants de la pèlerine de fourrure de Mlle Guimard.

- Çui-là, dit le paysan, c'est le Taoumé.

Puis, pendant que nous admirions cette masse, il ajouta :

- On lui dit aussi le Tubé.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? demanda mon père.

- Ça veut dire que ça s'appelle le Tubé, ou bien le Taoumé.

- Mais quelle est l'origine de ces mots ?

- L'origine, c'est qu'il a deux noms, mais personne ne sait pourquoi. Vous aussi, vous avez deux noms, et moi aussi."

(La Gloire de Mon Père).


"Si tu me jures de ne jamais en parler à personne, je vais te faire voir quelque chose. Mais il faut que tu jures croix de bois, croix de fer (...)"

"Bon, dit-il, maintenant, on va aller de l'autre côté.

- Quel autre côté ?

- Cette grotte, ça traverse. C'est un passage sous le Taoumé.

- Tu y es déjà passé ?

Souvent.

- Tu ne me l'avais jamais dit.

- Parce que c'est un grand secret. Il y en a que trois qui le savent : Baptistin, mon père et moi. Avec toi, ça fait quatre.

- Tu crois que c'est si important ?

- Tu penses ! A cause des gendarmes ! Quand on les voit d'un côté du Taoumé, on passe de l'autre. Eux, ils ne savent pas le passage - et avant qu'ils aient fait le tour, tu es loin ! - Tu as juré : tu ne peux plus le dire à personne !

- Pas même à mon père ?

- Il a son permis, il n'a pas besoin de savoir ça."

(Le Château de Ma Mère).

L'entrée de la "grotte de Grosibou"...

...et la sortie.

(photos extraites de "La Provence de Pagnol", par Jean-Paul Clébert)

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